En droit français, l’employeur a l’obligation de mettre à la disposition des salariés une eau potable destinée à la boisson. Cette obligation est inscrite dans le Code du travail et fait partie des mesures de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. L’eau doit être propre à la consommation humaine et accessible à tous les employés présents dans les locaux, quels que soient leur statut ou leur type de contrat.
Cette mise à disposition doit être gratuite et en quantité suffisante. L’employeur reste libre des moyens utilisés : réseau d’eau courante, fontaines à eau reliées au réseau, fontaines à bonbonnes, ou encore bouteilles d’eau, à condition que la qualité et la sécurité soient garanties.
Traditionnellement, l’administration considère qu’une « eau fraîche » doit se situer autour de 9 à 10 °C, sans dépasser 12 °C. Dans les faits, en 2025, la réglementation insiste surtout sur la potabilité, la salubrité et l’absence de risque sanitaire. Les équipements doivent empêcher toute contamination microbiologique ou chimique, notamment par un entretien et un nettoyage réguliers.
Lorsque l’employeur opte pour une fontaine à eau (sur réseau ou à bonbonnes), il doit s’assurer :
Le Code du travail n’impose pas spécifiquement l’utilisation de fontaines à eau : il impose un résultat (de l’eau potable disponible), pas un moyen unique. En pratique, les solutions les plus fréquentes sont :
Le choix dépend de la taille de l’entreprise, de la configuration des locaux, de la fréquentation des postes et de la facilité d’entretien des équipements. L’essentiel reste la propreté des installations, la qualité de l’eau et l’accessibilité pour les salariés.
Lorsque les conditions de travail exposent les salariés à une forte chaleur, à des efforts physiques importants ou à des contraintes particulières (proximité d’une source de chaleur, travail en extérieur par forte température, etc.), l’employeur doit aller au-delà de la seule mise à disposition d’eau potable.
Dans ces situations, la loi impose la fourniture d’au moins une boisson non alcoolisée supplémentaire, adaptée aux besoins des travailleurs. Cette boisson doit elle aussi être fournie gratuitement. Le choix des boissons (eau, boissons aromatisées sans alcool, etc.) doit tenir compte des recommandations de la médecine du travail et des souhaits des salariés, dans la limite des impératifs de santé.
Les points d’eau, fontaines ou postes de distribution ne peuvent pas être installés n’importe où. Ils doivent être situés à proximité des postes de travail, dans des lieux facilement accessibles, bien entretenus et répondant à des exigences strictes d’hygiène :
L’employeur reste responsable de la propreté et du bon fonctionnement des appareils. Il doit donc organiser des contrôles réguliers et intervenir rapidement en cas de panne ou de suspicion de contamination.
Même lorsque l’entreprise fait appel à un prestataire extérieur pour installer et entretenir les fontaines à eau, la responsabilité finale en cas de problème sanitaire reste celle de l’employeur. Il doit donc :
En cas de contrôle de l’inspection du travail ou de la médecine du travail, l’employeur doit être en mesure de prouver qu’il a pris toutes les mesures nécessaires pour garantir une eau potable, fraîche et hygiénique.
Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, les obligations sont renforcées. Sur les chantiers, l’employeur doit fournir de l’eau potable et fraîche pour la boisson en quantité minimale par personne et par jour. Cette quantité plancher est destinée à tenir compte de l’effort physique et des conditions météorologiques souvent difficiles.
En pratique, les entreprises prévoient généralement des fontaines à eau mobiles, des réservoirs isothermes ou des bouteilles en quantité suffisante, avec un réassort adapté à la taille de l’équipe et à la durée des travaux. Là encore, la gratuité et la facilité d’accès pour les salariés restent obligatoires.
Les modalités pratiques de distribution de l’eau (type de fontaines, emplacement, fréquence de nettoyage, choix des boissons complémentaires) peuvent être discutées avec les représentants du personnel et la médecine du travail. Ces acteurs contribuent à identifier les postes exposés à la chaleur ou à la déshydratation, et à adapter le dispositif aux réalités du terrain.
En cas de difficulté (absence d’eau potable, fontaines en panne de manière récurrente, manque d’entretien), les salariés peuvent alerter leurs représentants, l’inspection du travail ou le service de santé au travail, qui pourront demander à l’employeur de mettre son dispositif en conformité.
En 2025, les fontaines à eau ne sont pas seulement un confort mais l’un des moyens permettant à l’employeur de respecter son obligation légale de fournir une eau potable, fraîche, gratuite et en quantité suffisante à tous les salariés. Qu’il s’agisse de fontaines à bonbonnes, de fontaines sur réseau ou de bouteilles, l’essentiel est de garantir une qualité irréprochable, un entretien rigoureux et une accessibilité réelle pour tous les postes de travail, en particulier ceux exposés à la chaleur ou aux efforts physiques importants.